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ATPL théorique à distance ou présentiel : comment choisir

Par Laly Chomereau-Lamotte, CDB instructeur A320, Président et Responsable Formation Iroise

L’ATPL théorique — le socle de connaissances exigé pour devenir pilote de ligne — peut se préparer suivant deux grandes voies : en présentiel, dans une salle de cours, ou à distance, depuis chez soi. Le choix n’est pas anodin : il engage de neuf mois à plusieurs années de travail, et il dépend autant du rythme de vie que de notre façon d’apprendre. Cet article compare les deux formules — leurs atouts, leurs limites, ce qu’impose la réglementation — pour aider à décider en connaissance de cause, sans idée reçue sur le « tout à distance ».

Qu’est-ce que l’ATPL théorique ?

L’ATPL théorique est la phase de connaissances théoriques du parcours de pilote de ligne — le socle exigé par l’EASA avant d’accéder, à terme, à la licence de transport aérien. Il repose sur un programme volumineux : treize examens couvrant le droit aérien, la connaissance des aéronefs (cellule et systèmes, puis instrumentation), les performances et la préparation du vol (masse et centrage, performances, planification), la performance humaine, la météorologie, la navigation (générale et radionavigation), les procédures opérationnelles, les principes du vol et les communications. Ce que recouvre la licence ATPL elle-même est détaillé dans notre dossier sur les licences.

L’obtention de l’ATPL théorique est validée par treize examens officiels, passés en centre DGAC, auxquels s’ajoute depuis 2022 l’évaluation Area 100 KSA — un volet de compétences non techniques (connaissances, savoir-faire, savoir-être, comportements individuels et en groupe) évalué par l’organisme tout au long de la formation, et non par un examen DGAC distinct. Une fois les treize certificats obtenus, le candidat dispose de 36 mois pour réussir les épreuves pratiques de l’IR et du CPL.

C’est une étape exigeante, qui mobilise plusieurs mois de travail. D’où la question décisive avant de se lancer : sous quelle forme la préparer ?

Présentiel ou distanciel : deux façons de le préparer

La différence entre les deux formules ne porte pas sur le programme, identique, mais sur la façon de l’apprendre. En présentiel, l’enseignement est dispensé en classe, à un rythme imposé, par des instructeurs présents. La réglementation impose un minimum de 750 heures de cours en intégré. À distance, le candidat travaille sur une plateforme d’e-learning, en autonomie, avec un encadrement à distance et des regroupements ponctuels, et c’est le centre de formation qui en définit les modalités (modalités qui doivent néanmoins être approuvées par la DGAC). Entre les deux existe un format hybride — le distanciel encadré — qui combine travail personnel en ligne et sessions encadrées.

Ce choix recoupe également celui du cursus. En formation intégrée, l’ATPL théorique se suit nécessairement en cours présentiel, à temps plein. En formation modulaire, l’ATPL théorique se mène au choix en présentiel ou bien à distance, une fois le stagiaire titulaire du PPL. C’est donc uniquement la formation modulaire qui ouvre l’option du distanciel.

La préparation en présentiel

La formule présentielle est une formation à temps plein, généralement sur neuf à dix mois, dans les locaux d’un organisme agréé. Le candidat suit les cours en classe, selon un emploi du temps fixe, avec un encadrement rapproché : questions traitées en direct, évaluations régulières, dynamique de groupe.

C’est le cadre le plus structurant. Il convient aux personnes disponibles à plein temps, qui préfèrent un rythme tenu de l’extérieur et le contact direct avec les instructeurs et les autres élèves. En contrepartie, il suppose d’être présent sur place sur toute la durée, d’être géographiquement proche de l’école (ou avec une solution d’hébergement), et son coût est plus élevé — en général de l’ordre de dix mille euros selon les écoles, très nettement donc supérieur au distanciel.

La préparation à distance (distanciel encadré)

La formule à distance repose sur une plateforme d’e-learning pouvant être accompagnée de livres : cours, supports et banques de questions accessibles en ligne, travaillés en autonomie. Le candidat avance à son rythme, avec un encadrement à distance (instructeur référent, suivi de progression) et des sessions de regroupement à des moments clés.

C’est la formule la plus souple. Elle permet de préparer l’ATPL tout en conservant une activité professionnelle ou des contraintes personnelles, sans déménager. Sa durée est variable : de six à huit mois pour les candidats très disponibles et autonomes, souvent neuf à dix-huit mois pour la majorité, selon le temps hebdomadaire consacré. Elle est en général moins coûteuse que le présentiel à temps plein. Sa contrepartie est qu’elle exige une vraie discipline personnelle : sans rythme imposé, l’autonomie est la condition de la réussite.

Les coûts d’une formation ATPL en distanciel varient en fonction des écoles, du niveau de prestation (encadrement notamment) et de la qualité des supports fournis. Ils se situent en général entre 1 500 et 2 500 €, avec un tarif généralement constaté autour de 2 000 euros.

Le mythe du « 100 % à distance »

Une idée reçue tenace voudrait que l’ATPL théorique se prépare entièrement seul, en ligne, sans jamais d’encadrement. Cette affirmation est fausse sur les deux points.

D’abord, la réglementation européenne (EASA, Part-FCL) impose qu’une part de la formation se déroule en enseignement encadré — de l’ordre de 10 % du volume, proportion fixée par la DGAC. Selon l’organisme, ces sessions se tiennent sur place ou en classe virtuelle, mais elles sont obligatoires : une préparation 100 % en autodidacte, sans aucun encadrement, ne permet pas de se présenter aux épreuves.

Ensuite, les examens officiels se passent obligatoirement en présentiel, dans un centre d’examen de la DGAC. Quelle que soit la formule choisie, c’est sur table, en centre agréé, que se valident les treize certificats.

Le feu vert de l’école avant les examens

Quelle que soit la formule, on ne s’inscrit pas librement aux examens de la DGAC. Avant chaque épreuve, l’école fait passer des examens blancs, et leur réussite conditionne généralement l’accès à l’examen réel : l’organisme de formation doit délivrer, matière par matière, une autorisation de passage attestant que la formation a été suivie à un niveau satisfaisant. Sans ce feu vert, l’inscription à l’épreuve officielle est impossible. C’est une exigence européenne (EASA, règle FCL.025).

Comment choisir : les critères qui comptent

Le bon choix dépend moins de la formule « en soi » que de l’adéquation avec son profil. Plusieurs critères aident à trancher.

  • Disponibilité et rythme de vie : peut-on dégager neuf mois à temps plein, ou faut-il concilier la préparation avec un emploi ou des contraintes personnelles ?
  • Autonomie : est-on à l’aise pour s’organiser seul sur la durée, ou a-t-on besoin d’un cadre rigide ?
  • Besoin d’encadrement : préfère-t-on poser ses questions en direct, en classe, ou un suivi à distance suffit-il ?
  • Mobilité géographique : peut-on se rapprocher d’une école, ou la distance est-elle un facteur déterminant ?
  • Budget : le distanciel est plus accessible que le présentiel à temps plein.
  • Qualité des supports : la banque de questions et les contenus pédagogiques pèsent lourd dans la réussite, quelle que soit la formule.

Présentiel et distanciel encadré : le comparatif

Critère Présentiel Distanciel encadré
Rythme Temps plein, imposé Souple, à son rythme
Durée indicative environ 9 mois 6 à 18 mois selon disponibilité
Encadrement Rapproché, en classe À distance + regroupements
Compatible avec un emploi Difficilement Oui
Coût (marché) Plus élevé Plus accessible
Profil adapté Disponible, aime le cadre Autonome, organisé

Quel que soit le format, le programme, le niveau d’exigence des examens et la validité des certificats sont identiques : ce sont les mêmes treize épreuves DGAC à la clé.

Foire aux questions

Peut-on vraiment passer l’ATPL théorique 100 % à distance ?

Pas entièrement. La réglementation impose une part d’enseignement encadré (de l’ordre de 10 % du volume), qui peut se tenir sur place ou en classe virtuelle selon l’organisme. Et les examens officiels se passent toujours en présentiel, en centre DGAC. Une préparation totalement autodidacte, sans organisme, ne donne pas accès aux épreuves.

Combien de temps dure la préparation ?

En présentiel à temps plein, environ neuf mois. À distance, la durée est variable : de six à huit mois pour les candidats les plus disponibles, souvent neuf à dix-huit mois pour la majorité, selon le temps consacré chaque semaine.

Combien y a-t-il d’examens à l’ATPL théorique ?

Treize examens théoriques officiels, passés en centre DGAC : droit aérien ; connaissance des aéronefs (cellule et systèmes) ; connaissance des aéronefs (instrumentation) ; masse et centrage ; performances ; préparation et suivi du vol ; performance humaine ; météorologie ; navigation générale ; radionavigation ; procédures opérationnelles ; principes du vol ; communications. S’y ajoute l’évaluation Area 100 KSA — un volet de compétences non techniques évalué par l’organisme de formation (ATO), obligatoire depuis 2022 ; ce n’est pas un quatorzième examen DGAC, mais une condition pour être présenté aux épreuves.

Peut-on préparer l’ATPL théorique en candidat libre ?

Non pour la voie professionnelle. Les épreuves théoriques de l’ATPL doivent être présentées via un organisme de formation agréé (ATO), qui valide le suivi de la formation avant l’inscription aux examens DGAC. Il ne s’agit donc pas d’un examen en candidat totalement libre, même en distanciel.

Combien de temps les certificats théoriques sont-ils valables ?

36 mois. Une fois l’ATPL théorique obtenu, le candidat dispose de trois ans pour réussir les épreuves pratiques correspondantes (IR et CPL) avant l’expiration des certificats.

Le distanciel coûte-t-il moins cher que le présentiel ?

Oui. Le distanciel encadré est le plus souvent plus accessible que la formation présentielle à temps plein, qui mobilise davantage de moyens. Les fourchettes varient toutefois fortement d’une école à l’autre.

Peut-on s’inscrire librement aux examens de l’ATPL théorique ?

Non. L’école doit d’abord vous autoriser, matière par matière, après des examens blancs réussis. Cette autorisation de l’organisme de formation est une condition réglementaire (EASA, FCL.025) pour pouvoir s’inscrire aux épreuves officielles, qui se passent en centre DGAC.

Se former chez Iroise Aéro Formation

Iroise Aéro Formation prépare l’ATPL théorique en distanciel encadré, ponctué de sessions présentielles à Brest, sur les supports Bristol Ground School (BGS) — une référence européenne — avec une salle d’étude accessible en continu et un instructeur référent qui suit chaque stagiaire. La formation s’organise en modules, avec des rentrées régulières, et un paiement au fil des modules.

Ce format combine la souplesse du distanciel et l’encadrement du présentiel, dans le cadre d’un ATO agréé par la DGAC, conforme au référentiel EASA. L’école est certifiée Qualiopi et plusieurs dispositifs de financement sont mobilisables : CPF, France Travail, Transitions Pro, OPCO. Pour connaître le détail du programme et étudier votre projet, découvrez notre formation ATPL théorique ou contactez-nous.